Le blog Architecture et Société voudrait participer à la vulgarisation des cultures constructives traditionnelles au Maroc, et ce, à travers l'information et la communication. Les photos sont personnelles.
Le projet du Centre d'Architecture Expérimentale d'Aît Bouguemmaz est l'occasion de démonstrations et de chantiers formation au profit d'étudiants et habitants. Ici, le maallem local aide au montage d'un coffrage de pisé. Certains outillages et matériels ne sont pas traditionnels, ils ont été confectionnés in situ, les planches en bois par l'équipe allemande. Il est volontaire de tester des procédés nouveaux pour l'enseignement et la visualisation des résultats. Le maallem devient un chef d'orchestre, il s'est imposé naturellement surtout au moment des différentes excécutions des travaux par ses conseils et son savoir faire.
Il s'agit de damer par couches successives la terre légèrement humide. Ici, elle a été stabilisée au ciment à un pourcentage faible. Plusieurs pisoirs existent et servent à homogénéiser les surfaces à damer au niveau des bords surtout. La téchnique du pisé est un geste collectif, une cérémonie qui réunie la communauté. Des cris ont lieux avec les coups répétés, annoncent et rythment. L 'ambiance est conviviale, des moments forts. Des jeunes se mêlent au groupe des particpants. Des enfants jouent. Le savoir faire est un acte qui se construit au quotidien, qui évolue, avec les contraintes et les besoins présents. Il est le patrimoine par excélence.
Vidéos Bssairi M. et Amahray R., architectes diplômables, participantes au work schop tenu en octobre 2008, conjointement par l'Ecole Nationale d'Architecture de Rabat et l'Université de Stuttgart.
Effectivement, le savoir faire dépasse la technique de construction par ces considérations et bien d'autres. L'intervention étrangère à la culture se doit de connaitre et de comprendre. Le Projet de la plate forme Aît Bouguemmaz voudrait intègrer cette dimension et ambitionne à "moderniser" la construction, notamment, par la technicité. C'est aussi un projet participatif et de proximité. Il intègre des objectifs sociaux et économiques. Le groupe allemand est conscient des risques courus et se donne les moyens et le temps nécessaires pour d'éventuelles réversibilités. Imane, remerciements pour tes commentaires et ton suivi.
Bravo pour ces vidéos et ces explications. Je vous ai référé sur mon site de randonnée, car je suis guide et j'explique aux visiteurs les principes de l'architecture de ma région. Merci !
"...La technique du pisé est un geste collectif, une cérémonie qui réunie la communauté. Des cris ont lieu avec les coups répétés, annoncent et rythment. L 'ambiance est conviviale, des moments forts. Des jeunes se mêlent au groupe des particpants. Des enfants jouent. Le savoir faire est un acte qui se construit au quotidien, qui évolue, avec les contraintes et les besoins présents. Il est le patrimoine par excéllence." <br />
<br />
une réflexion très profonde...<br />
voilà une définition nouvelle de ce qu'est une culture constructive rurale! ce que les allemands, avec tout leur arsenal technique, ne peuvent créer ou imaginer.
Les allemands ont planifiié le chantier au moindre détail longtemps avant leur arrivée, mais sans la présence de ce maâlem le travail n'aurait jamais pu être mené à terme. Tout simplement parcequ'ils n'ont pas considéré dans leurs prévisions des facteurs importants comme la participation spontanée des gens, les differentes approches de travail qui puissent exister,l'expérience locale dans l'architecture en terre,l'eventualité de retards et d'absence du materiel...et tout le monde a été étonné par la capacité de ce maâlem à s'adapter ,à comprendre l'utilité des nouvelles expérimentations ainsi qu'à faire de son savoir traditionnel et des technique modernes un mélange homogène opératif.