La ville marocaine est en crise, celle-ci est pour l'essentiel une crise des institutions mises en place et également une crise de l'action publique à résorber les inégalités et les dysfonctionnements urbains. La gestion du patrimoine et des projets de construction en matériaux naturels locaux connaît un problème de fond qui freine toute possibilité de développement économique, sociale ou autre. Cette problématique est d'autant plus dramatique si l'on considère le sens étroit donné par les responsables aux concepts de gestion et de patrimoine.
Nous entendons le concept de gestion ici dans sa définition large qui est "l'administration et la police des conditions de vie des citoyens sur un territoire donné et parcouru au quotidien". La pratique marocaine de la gestion urbaine en général et la gestion des tissus ou des projets relevant du patrimoine en particulier nous renseigne sur un fonctionnement qui se limite à mettre en œuvre des plans d'actions qui servent un parti ou une planification spatiale donnée.
L'expérience dans l'établissement des documents et projets d'aménagement a démontré qu'il ne suffit pas de consulter des avis et des observations auprès des partenaires et départements pour réaliser les résultats efficients et les préoccupations de tout à chacun.
Aussi, les projets d'intervention sur le patrimoine bâti restent emprisonnés dans une vision sectorielle qui favorise l'objet au détriment de son support. Ce dysfonctionnement est influencé par le sens élaboré du concept patrimoine qui se limite au ponctuel. La quasi-totalité des projets ne développent pas la vision transversale qui atteint l'urbain, le territoire et les savoirs.
La photo est prise à l'entrée de la mosquée de la zaouiat Nassiriya à Tamegroute, Zagora.
La photo est prise le 02 Janvier 2008.
Tayyibi Abdelghani.