Le blog Architecture et Société voudrait participer à la vulgarisation des cultures constructives traditionnelles au Maroc, et ce, à travers l'information et la communication. Les photos sont personnelles.
Les établissements humains construits en terre ou mélangeant la terre et autres matériaux locaux, représentent au Maroc la part dominante du patrimoine bâti. Mais, malgré ce poids et la reconnaissance internationale, la réalité veut que très peu d’actions portent sur ce patrimoine. Cette situation démontre du rejet que connaissent ces établissements, porté par les responsables de la planification et la gestion urbaines, ce qui a conduit à une paupérisation notoire des entités spatiales. Le matériau terre est pénalisé, il est de moins en moins utilisé dans la construction au profit de nouveaux matériaux[1]. Les vieux quartiers sont abandonnés pour les nouveaux qui sont de type européen et laissés aux émigrants campagnards qui s’y entassent avec des conditions de vie déplorables. La présence de cette nouvelle population pauvre rend difficile l’action de conservation de ces tissus.
L’habitat vernaculaire au Maroc demeure un des parents pauvres de la recherche scientifique. En 2001, Le Secrétariat d’Etat à l’Habitat déclare être encore en phase « ..de prospection des pistes de recherche à développer en matière d’analyse des interrelations entre le logement et la population rurale [2]». Les recensements nationaux, principales sources d’information, notamment, pour les Institutions Ministérielles, dont ceux de 1982 et 1994, considèrent dans le parc logement une typologie qui mélange souvent le rural, le bidonville et les habitations sommaires. La consultation des travaux réalisés, surtout dans le secteur public ou semi public révèle leur caractère sectoriel, ils sont faits exclusivement par des architectes ou des aménageurs. Les recherches et études sur les établissements humains en général et concernant le milieu rural en particulier sont occasionnelles ; elles répondent strictement à des objectifs prédéterminés et uniquement à l’apparition de problèmes urbains cruciaux. Aussi, la dimension politique guide le contenu des recherches et reflète l’état de force existant entre l’Etat et la Société.